ARTICLE VOIX DU NORD 21 AVRIL 2018

Inimitable, Michou a mis du bleu plein les yeux de ses «chéris»

 

Si l’exactitude est la politesse des rois, elle n’est clairement pas celle des princes, fussent-ils bleus ! Attendu à 14 heures à la salle des fêtes de Phalempin par une soixantaine de fans (dont certains venus de Belgique ou des Ardennes), Michou s’est fait attendre pendant près d’une heure. Mais il y avait une double bonne raison à cela : sa popularité, alliée à une disponibilité totale. «  Tous les gens du restaurant dans lequel on déjeunait ont voulu un autographe ou une photo avec lui, et il a eu un mot gentil ou une blague pour tout le monde  », résumait l’un des animateurs de la Table des réseaux, le club à l’origine de la venue du célèbre patron de cabaret à Phalempin.

Il en aurait fallu davantage, cependant, pour que le public de la salle des fêtes de Phalempin (« chauffé » par un Thierry Lazaro en pleine forme) se montre rancunier. L’arrivée du « prince bleu », soutenu par son manager avant d’être ragaillardi par une grande coupe de champagne (selon ses propres dires, le secret de sa forme à près de 87 ans), a été ponctuée d’une ovation royale. «  Merci, merci mes chéris, je ne m’attendais vraiment pas à un accueil pareil  ».

 

« Si tu veux que je parle de mes aventures, ma chérie, on en a pour une heure et demie »

Quelques longues minutes plus tard (le temps d’inviter à s’asseoir les photographes amateurs et adeptes du selfie), Andrée Christiann, l’adjointe à la culture de Phalempin, entamait la discussion avec Michou. Une évocation qu’elle aurait voulue linéaire, suivant le cours de la vie ô combien foisonnante de l’invité du jour… En partant du début, à Amiens, où le petit Michel fut élevé par sa grand-mère dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale, bien loin des nuits parisiennes. «  Elle voulait que je devienne contrôleur de chemin de fer. T’auras une bonne retraite, elle disait  ». Éclat de rire général.

 

Une fois lancé, on n’arrête pas si facilement Michou, même diminué par une voix qui s’échappe souvent, un souffle court. À la moindre occasion, l’œil pétille derrière les lunettes bleues, le sourire coquin s’invite à l’évocation du mot « aventure »… «  Si tu veux que je parle de mes aventures, ma chérie, on en a pour une heure et demie  ».

 

Dans la salle, le public adore, et Michou en rajoute, évidemment. Ce contact avec les gens, c’est sa vie. Et s’il a finalement pris congé de ses « chéris » phalempinois, ce n’était que pour retourner fissa à Paris, dans son cabaret de la rue des Martyrs, où se construit la légende du prince bleu de Montmartre tous les soirs depuis près de soixante ans.

 

« Michou, prince bleu de Montmartre », aux éditions du Cherche-midi.

 


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